Mustapha Djemali

PÉTITION TERMINÉE :

libérez Mustapha Djemali, défenseur suisse et tunisien des droits humains !

Demandez au président tunisien de lever toutes les charges pesant sur le défenseur des droits humains de nationalité suisse et tunisienne Mustapha Djemali et de le libérer sans délai !

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Mise à jour 25.11.2025 : Mustapha Djemali et son collègue Abderrazek Krimi ont été libérés le soir du 24 novembre ! Condamnés à deux ans de prison, ils ont été relâchés le soir même, ayant déjà passé environ 20 mois derrière les barreaux. Les trois autres membres du personnel du CTR ont été acquittés. Nous sommes très heureux·se·s pour Mustapha et sa famille, mais nous estimons que le verdict est injuste et qu’il n’aurait jamais dû être arrêté pour son plaidoyer pacifique en faveur des migrant·e·x·s.

Il est emprisonné pour avoir défendu pacifiquement les migrant·e·x·s

Le défenseur des droits humains Mustapha Djemali, de nationalité suisse et tunisienne, est injustement détenu en Tunisie depuis mai 2024. Le « délit » de cet ancien cadre du HCR ? Avoir défendu les droits des migrant·e·s dans le cadre de son organisation.

Mustapha Djemali a vécu et travaillé pendant de nombreuses années en Suisse avant de fonder, en 2016, le Conseil tunisien pour les réfugiés (CTR). Cette organisation défend les droits des migrant·e·x·s et travaille en étroite collaboration avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), notamment pour préenregistrer les demandeur·euse·x·s d’asile et leur fournir une assistance de base.

Mustapha Djemali a consacré sa vie à la défense des droits des migrant·e·x·s. Il a travaillé pendant de nombreuses années pour le HCR, où il a occupé plusieurs postes de direction, avant de fonder et de diriger le CTR. Le 2 mai 2024, dans le cadre de ses activités régulières, cette organisation a publié un appel d’offres pour que des hôtels proposent un hébergement à des personnes demandant l’asile et à des personnes en quête de protection en situation précaire. C’est notamment ce qui a conduit à l’arrestation de Mustapha Djemali.

Des médias tunisiens et plusieurs comptes sur les réseaux sociaux ont en effet largement relayé cet appel d’offres, affirmant que la société civile – le CTR en tête – encourageait de la sorte l’installation de « migrants illégaux ».

Dès le lendemain, le 3 mai, la police a effectué une descente dans les bureaux du CTR. Mustapha Djemali a été arrêté en présence de son fils. Le jour suivant, le 4 mai, la police a également arrêté et placé en détention Abderrazak Krimi, chef de projet au CTR.

Le 7 mai, un juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis a ordonné le placement des deux hommes en détention provisoire pour une durée de six mois. Ils sont accusés d’avoir « participé à une entente ou formé une organisation » et d’avoir ainsi « conçu, facilité, aidé ou […] organisé […] l’entrée clandestine » de personnes sur le territoire tunisien et de les avoir hébergées.

Le juge a prolongé leur détention de quatre mois à deux reprises, d’abord en octobre 2024, puis en février 2025. Si la loi tunisienne empêche une troisième prolongation, Mustapha Djemali et son collègue risquent toutefois de rester inculpés après l’expiration du délai.

Mustapha Djemali est détenu dans une cellule collective avec une trentaine d’autres personnes. La chaleur et l’absence d’accès à des médicaments causent de grandes souffrances à l’octogénaire. Ce dernier est atteint d’une maladie vasculaire, aussi appelée «maladie de Horton», qui se caractérise par une inflammation des vaisseaux sanguins affectant principalement les artères temporales des personnes âgées. En l’absence de traitement, les risques liés à cette maladie augmentent considérablement. Depuis septembre 2024, les autorités pénitentiaires ne lui fournissent pas ses médicaments, malgré plusieurs demandes, et n’autorisent pas sa famille à les lui apporter. Elles n’ont pas non plus permis à sa famille de faire réparer ses lunettes de lecture.

L’action du gouvernement contre le CTR s’inscrit dans le contexte d’une offensive généralisée contre la société civile en Tunisie et d’un durcissement considérable de la politique d’asile. Plusieurs organisations non gouvernementales ont été fermées depuis février 2023, des services d’importance vitale pour les migrant·e·x·s ont été suspendus, et l’accès aux demandes d’asile a été rendu plus difficile.

L’acharnement contre les personnes qui défendent les droits humains et le durcissement de la politique d’asile en Tunisie conduisent à des violations des droits humains et doivent cesser immédiatement. Les personnes et les organisations qui se mobilisent pour défendre les intérêts et les droits des migrant·e·x·s doivent être protégées, y compris Mustapha Djemali.

Exigez la libération immédiate du citoyen suisse Mustapha Djemali et signez dès à présent la pétition !

La pétition en faveur de Mustapha Djemali demande également la libération de son collègue Abderrazek Krimi, arrêté en même temps que lui.

Lettre au Président de la République tunisienne, Kaïs Saïed

Adressé à :
Président de la République
Kaïs Saïed
Route de la Goulette
Site archéologique de Carthage
Tunisie



Monsieur le Président,

C’est avec une grande inquiétude que je m’adresse à vous au sujet de la détention prolongée du défenseur des droits humains et citoyen suisse Mustapha Djemali, qui a été arrêté en même temps que son collègue Abderrazek Krimi. Le 7 mai 2024, un juge d’instruction de Tunis a placé les deux hommes en détention provisoire pour « aide à l’entrée clandestine » et « hébergement » de ressortissants étrangers. Leur détention provisoire a déjà été prolongée à deux reprises.

Les accusations reposent uniquement sur le travail légitime des deux hommes au sein du Conseil tunisien pour les réfugiés (CTR), une organisation non gouvernementale qui a coopéré avec les autorités tunisiennes et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) afin de préenregistrer les demandeur·euse·x·s d’asile et de leur fournir une assistance de base. La détention de ces deux personnes est arbitraire, car la défense des droits des réfugié·e·x·s et des migrant·e·x·s, quel que soit leur statut administratif, notamment en leur fournissant un hébergement, ne constitue pas une infraction au regard du droit international. Cette activité ne saurait en outre être assimilée au trafic ou à la traite d’êtres humains, conformément à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et à ses protocoles relatifs à la traite des êtres humains et au trafic de migrants, que la Tunisie a ratifiés.

La Tunisie est également partie à la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Cette convention accorde aux personnes en fuite le droit à des pièces d’identité, à des titres de voyage, au travail, au logement, à l’éducation, à l’assistance et à la protection contre les sanctions pénales en cas d’entrée irrégulière. Après l’arrestation de Mustapha Djemali et d’Abderrazek Krimi, le CTR a suspendu ses activités, ce qui a gravement perturbé l’accès aux procédures d’asile et à des services de base, notamment les soins médicaux, l’hébergement et la protection de l’enfance.

Les deux défenseurs des droits humains se voient par ailleurs refuser l’accès aux médicaments dont ils ont besoin, ce qui met leur santé en danger.

Je vous prie de veiller à ce que les autorités abandonnent toutes les charges retenues contre Mustapha Djemali et Abderrazek Krimi et qu’ils soient libérés sans délai. En attendant, je vous invite à faire en sorte que les autorités garantissent aux deux détenus un accès aux médicaments dont ils ont un besoin urgent. Je demande également à votre gouvernement de mettre un terme aux arrestations ciblées de défenseur·e·x·s des droits humains et de leur permettre de poursuivre leur action dans un environnement sûr et favorable, sans qu’iels soient l’objet de représailles.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

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